Ville d'Ondres

Naturellement

Ville d'Ondres

Cérémonie du 8 mai

Discours de M. Bernard Corrihons, maire d’Ondres, le 8 mai 2011.

En 1919, la guerre mondiale tellement meurtrière achevée, Ondres comme toutes les communes de Franc érigea ce monument aux morts. La France, c’était sûr, n’allait plus jamais connaître ça.
Vingt ans après les hommes emplissaient à nouveau leur baluchon ou celui de leurs enfants pour une nouvelle guerre mondiale, la seconde à vingt ans d’intervalle.

Autour du monument aujourd’hui, je ne vois plus de soldats acteurs martyrs de cette guerre. Trop fatigués sans doute de voir leur parole écoutée de façon trop distraite. Aux 66 morts de la guerre 14-18, cinq noms ont été ajoutés, tués au combat, déportés pour ne plus revenir, exécutés. Des infrastructures publiques portent aujourd’hui leur nom.
Toutes les générations sont pourtant là aujourd’hui. Pour la plupart, vous avez appris la guerre par les livres d’histoire, d’autres ont vécu tout enfant la guerre ou l’après guerre et se souviennent de la misère, de la tristesse, de la méfiance, des sous entendus et des accusations. Ça laisse tellement de trace une guerre dans les corps, dans les têtes, dans les cœurs.

J’ai bien trop de respect pour les acteurs de cette guerre pour en faire le procès, mais j’ai trop de respect pour les peuples pour ne pas évoquer et condamner les causes de cette guerre.
Les causes en sont le mépris et l’intolérance, les causes en sont la domination, l’hégémonie, la mise sous la botte, les causes en sont en fin les dictatures et les dictateurs.

Ondres - Cérémonie du 8 mai La guerre 1939-1945, c’est la mort, la torture, la déportation, les bourreaux, ce sont aussi les héros, ceux des livres d’histoire et ceux près de chez nous, les héros du quotidien. Alors, de cette ignoble tragédie, c’est une lueur d’espoir que je veux retenir : il y a toujours des femmes et des hommes qui se lèvent et résistent.

Aujourd’hui des gens forts ont scellé la réconciliation, De Gaulle et Adenauer, Mitterrand et Kohl main dans la main et cette photo pour l’éternité. De nombreux pays connaissent pourtant le joug des dictatures, pourtant aussi les peuples se lèvent et se révoltent. Patrie de la liberté reconquise, la France se doit d’être avec eux.

Nous vivons en France un moment où nul n’a besoin de se lever. Nous savons pourtant que le danger existe, nous en connaissons l’expression multiforme, racisme, antisémitisme, exclusion, intolérance, autant de fléau qui se nourrissent du terreau de la crise économique, en France, en Europe, dans le Monde.
La seule réponse, c’est bien sûr la démocratie, le gouvernement par le peuple. Il faut la préserver, la faire vivre, la fortifier ; voilà pourquoi nul ne doit s’exonérer du devoir de civisme.

Voilà pourquoi, je voudrais que ce jour de 8 Mai, jour de mémoire, de commémoration, de respect, soit aussi un moment fort de notre engagement civique individuel et collectif.

Pour que l’histoire ne soit pas vaine.

Bernard Corrihons, maire d’Ondres.

Les commentaires sont fermés.





Lu dans le quotidien Sud Ouest :