Ville d'Ondres

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8 août 2011 : honneur à FERNAND MOUCHET

Fernand Mouchet a eu cent ans aujourd’hui. Sa famile et ses amis ont fêté son anniversaire cette fin d’après-midi avec une surprise à la clé puisque La Boucalaise, fanfare à laquelle il a appartenu, lui a rendu un hommage en musique. Le maire d’Ondres, Bernard Corrihons, son plus proche voisin, a prononcé une allocution en son honneur et Fernand Mouchet l’a reçue avec beaucoup d’émotion. Le Conseil municipal et tout le personnel de la mairie souhaitent lui témoigner ici, ainsi qu’à sa famille, leurs plus chaleureuses et sincères amitiés. VIVE FERNAND, VIVE ONDRES !

Texte de l’allocution de Bernard Corrihons, en l’honneur de M. Fernand Mouchet  :

1911… cette année là, l’été fut très chaud et tout particulièrement le mois d’août… 33,8° en moyenne à 15h55 le 8 août, 35,6° à la même heure le 9 août.
1911… cette année là le mois d’août fut des plus agités… le 22 août un nationaliste italien déroba la Joconde qui ne fut retrouvée et restituée que deux ans plus tard !
1911… un seul jour du mois d’août allait compter pour Justin et Mathilde… le 8, jour de la naissance de leur fils Fernand.
Voilà pourquoi chez les Mouchet le 8 août est jour d’anniversaire. Familial et intime, l’événement s’élargit aujourd’hui pour les cent ans de Fernand. Au nom de tous, au nom de la commune, je te le souhaite toujours aussi intime et encore plus chaleureux. Ce n’est pas rien d’avoir cent ans !
Cent ans… tout un livre de l’histoire de France ! Qu’on en juge en deux mots au travers de noms célèbres ou de tragédies sanglantes. Pour nous quelques leçons apprises et quelquefois transformées, pour Fernand tant d’événements vécus.
1911… le président du Conseil était Joseph CAILLAUX, le président de la République était Armand FAILLERES. En 1917, Georges CLEMENCEAU redevenait président du Conseil sous la Présidence de Raymond POINCARE…
Il me vient en tête tant de noms étudiés dans les livres d’histoire : Jean Jaurès, Léon Blum, Léo Lagrange, Salengro, De Gaulle, Mitterrand… tous et tant d’autres encore ont traversé la vie de Fernand.
La guerre 14-18, la crise de 1929, le front populaire de 1936, la guerre 39-45, la sécurité sociale, le vote des femmes, la guerre d’Algérie… tous ces événements ont jalonné les 100 ans de la vie de Fernand, tout autant que trois républiques.
Le 8 août, tu es né à Tarnos au quartier Grand Jean, de Justin et Mathilde, puis tu as habité à la Cité des Forges, aux « petites casernes ». Tout naturellement, tu as travaillé aux forges de l’Adour, avant de rejoindre l’ASEM à Mouguerre puis à Dax. De l’histoire locale, tu as connu tous les rouages, depuis Maurice Labrouche le maire de Tarnos en 1911. Tu en as aussi connu les acteurs, martyrs de la résistance, ou militants des luttes ouvrières, celle de l’émancipation de la classe ouvrière, celle de la fermeture des Forges. La vie locale, c’est aussi celle du quotidien. Clairon à la Clique Boucalaise, tu en as été un des piliers.
8 août 1911… ce fut un grand jour pour Justin et Mathilde. Au cours de ton enfance, ils furent comme tous les parents inquiets bien souvent… ils n’eurent pourtant peur qu’une seule fois lorsque tu contractas une vilaine pleurésie. Angoisse bien inutile, puisque jusqu’à ce jour de tes cent ans tu n’as jamais été vraiment malade. Tu as connu des joies intimes… ton mariage avec Marie, ta longue vie avec elle excellente cuisinière, véritable fée du logis, la naissance simultanée de Guy et Bernard, deux bonheurs en un seul. Des peines intimes aussi qui, bien plus que les années pèsent trop lourd sur tes épaules… le départ de Marie ta compagne, ta moitié et puis celui de Guy injuste et tellement cruel.
En 1976, avec Marie, Guy et Bernard, vous avez déménagé à Ondres, chemin de Lahitton, nous sommes devenus des voisins. J’étais encore jeune, tu prenais ta retraite. Aux forges, tu avais connu mon père, j’étais heureux de te rencontrer. J’ai toujours apprécié ta discrétion et ton humeur toujours égale ; j’ai été impressionné par ta santé, ta robustesse, ton port droit comme un pin des Landes. Enfin, j’ai aimé, quelquefois j’ai envié la somme de tous tes savoir faire. Comme tous ceux de ta génération, ton école supérieure fut celle la vie, elle t’a beaucoup appris, tu en as tout retenu. Voilà pourquoi tu as toujours su faire.
Je te revois encore, il y a peu de temps cultivant un jardin impeccable. Le poids de tes cent ans freine aujourd’hui ton entrain. Je lis pourtant au fond de tes yeux une ardeur maintenue et l’intérêt toujours intact que tu portes aux choses de la vie.
Le Grand Jean t’a donné vie le 8 août 1911, la cité t’a forgé une force en acier bien trempé, le chemin de Lahitton t’a ouvert la voie de la sérénité.
Et toi Fernand, tu as donné à Tarnos, à Ondres et à tout le Seignanx 100 ans d’amitié, fidèle, discrète, sincère.
De tout cela, le maire d’Ondres t’en félicite, ton voisin t’en remercie.

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Lu dans le quotidien Sud Ouest :