Ville d'Ondres

Naturellement

Ville d'Ondres

Ondres d’hier à aujourd’hui… Ondres au temps où l’on puisait …

Au moment où s’achèvent les travaux d’une nouvelle usine de production publique d’eau potable à Ondres, construite par le Conseil général des Landes, il est plaisant de retourner dans ce passé proche (une centaine d’années), où, nos aînés décidaient la réalisation de puits publics pour améliorer le quotidien des familles ondraises.

Témoignage, par Charlot Carty
Si l’eau a toujours été indispensable à la vie de tous les jours, on ne la trouvait pas dans les maisons ni dans les puits, c’était loin dans la nature qu’il fallait la chercher. Pour ce que l’on appelait potable (sans analyse bien sûr). C’était les sources naturelles, plus ou moins aménagées pour pouvoir remplir cruches, pichets, péguâtes et des bacs en planches pour laver et rincer ce breuvage dont la pureté et la fraîcheur étaient vraiment indispensables et appréciées. Certaines maisons pouvaient se trouver très éloignées de ces points bien repérables par les sentiers archi battus, utilisés plusieurs fois par jour et par plusieurs personnes.

On pouvait en compter entre vingt et trente sur la commune, la grande partie, côté est. Sur la partie ouest, la nappe phréatique se trouvant à faible profondeur, avec les traces du passage de l’ancien lit de l’Adour, Garros, Turc, canal de l’anguillère, l’eau était accessible avec très peu d’équipement. Pour les animaux presque toutes les femmes avaient une mare qui récupérait l’eau de pluie et de ruissellement, où cohabitaient bétail, canards et toute la basse-cour. Faute de ces possibilités, manque de pluie fréquente, c’était le transport avec « citernes » en planches dont l’étanchéité était assurée avec du goudron et de la filasse (comme pour les couralins, ces petits bateaux à fond plat) que l’on allait remplir à l’étang ou au ruisseau le plus proche avec les attelages.
Puis les premiers puits ont été réalisés, bâtis en pierre sur toute la hauteur, avant que la confection des buses en ciment vienne simplifier ce travail, et certainement diminuer le risque que cette opération comportait. Pour l’extraction de l’eau il y a eu en premier la corde et le seau, puis avec une poulie, puis le balancier avec la grande poulie en bois, puis le treuil et sa manivelle avec la chaîne qui s’enroulait sur le cylindre en bois, puis la pompe aspirante et refoulante avec son levier qui activait le piston, et le clapet de retenue qui se trouvait dans le puits, lequel pour être chauffé nécessitait la descente avec une échelle pendue à une corde.
Puis sont arrivées les motopompes électriques qui dans le cas de grandes profondeurs étaient mises dans le puits pour diminuer la hauteur de l’aspiration et le refoulement poussait l’eau dans un réservoir amélioré qui permettait la distribution au propriétaire.
Par la suite ce système a été remplacé par des ballons en pression qui permettait la distribution à tous les niveaux. Puis l’on a opté pour les puits à simple forage dans les secteurs sablonneux et les nappes à faible profondeur. L’on creusait avec une tarière, cette méthode était bien plus simple et moins coûteuse que les puits à buses Il faut noter que les premiers puits étaient rares car beaucoup n’avaient pas les moyens de faire de telles dépenses mais l’esprit de solidarité avec les voisins était tel que celui qui avait le privilège de l’avoir se faisait un grand plaisir de rendre ce service si important, car si les clôtures étaient présentes partout pour canaliser le bétail, les cours et portes des maisons étaient grandes ouvertes et la corvée d’eau donnait l’occasion de se raconter quelques petites nouvelles.

Malgré toutes ces étapes le problème de l’eau était toujours important pour certains. C’est la raison pour laquelle les responsables municipaux prirent une très bonne décision dans les années 1903 à 1918 de faire réaliser dans beaucoup de coins de la commune des puits qui améliorèrent les conditions de vie à beaucoup de familles dans les secteurs suivants : Mairie, Tarendelle, Chicoy, Janin, Moulin, Puts, Sarros, Montagut, la Poste, Sainte-Eugénie, Beyres, Gare, Lacroix. En ce qui concerne le remplissage des piscines, pas de problème à l’époque, le lac du Turc et surtout la Laguibe acceptaient les apprentis nageurs et baigneurs. Vu le nombre important dans les années 70-80, des prélèvements et analyses étaient effectués à la Laguibe qui signalaient « eau bonne pour la baignade » sans parler d’éventuelle qualité. Aucune maladie n’a jamais été signalée chez les utilisateurs malgré le lavage du linge, les bandes de canards des riverains, les bovidés et l’amendement des terres sur le bassin versant et le tout dans une eau stagnante vu l’inexistence d’exutoire.

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Lu dans le quotidien Sud Ouest :