Ville d'Ondres

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Ville d'Ondres

Cérémonie du 8 mai 1945

Discours de M. Bernard Corrihons, maire d’Ondres, le 8 mai 2012.

Cérémonie du 8 maiPlus personne jamais ne témoignera de la guerre 14/18 ; de moins en moins nombreux sont ceux qui ont souffert de la guerre 39/45. Le temps poursuit son chemin sans jamais presser le pas… Il passe pourtant tellement vite le temps des témoins… Comme Raymond AUBRAC et sa femme Lucie cinq ans auparavant, un à un ils s’éteignent et plus jamais ils ne diront l’horreur.
Le législateur a fait du 11 novembre la journée de tous les morts pour la France… mais il a maintenu les jours du souvenir, le 8 mai en est un, qui mit fin à la terrible deuxième guerre mondiale.
Il reste des traces concrètes de ce conflit sanglant, les blockhaus partiellement enfouis dans le sable, les pistes en ciment… On trouve encore ci et là, comme à Ondres il y a peu, des munitions négligemment oubliées. Et puis, il y a ces images des villes bombardées, des trains bondés de voyageurs sans retour, ces corps décharnés, ces morts entassés et jetés pèle mêle dans la fosse commune. Et puis, ces scènes de liesse, ces procès, ces sordides vengeances… La France avait bien trop souffert.
Faut-il toucher l’ignoble fond pour pouvoir reconstruire ? Je revois avec la même émotion De Gaulle et Adenauer les premiers bâtisseurs, Mitterrand et Kohl se prenant par la main, et les larmes de Kohl accompagnant Mitterrand à son dernier repos.
Alors, en ce 8 mai, nous sommes là pour rendre hommage à nos parents, à nos grands parents, peut-être à nos arrières grands parents qui ont tant souffert… certains portent encore sur leur bras tout fripé le numéro de leur captivité écrit à l’encre indélébile.
Nous sommes là pour dire notre reconnaissance envers ceux qui ont su dépasser leurs haines et leurs passions pour construire un chemin apaisé.
Nous sommes là pour dire que de ce conflit naquit de terrible idées… Hitler en fut le chantre, ses généraux de terribles zélateurs, Pétain, Laval et tellement d’autres, les traîtres honteux.
Nous sommes là pour dire que ces idées, ce sont la xénophobie, l’antisémitisme, l’esprit de puissance et de domination, la haine, l’exclusion, sans doute aussi le racisme et l’intolérance.
Combattre ces idées, c’est le devoir que nous devons aux martyrs de la guerre et à tous ceux qui ont tellement souffert.

Bernard Corrihons, maire d’Ondres.

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Lu dans le quotidien Sud Ouest :