Ville d'Ondres

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Ville d'Ondres

Ondres d’hier à aujourd’hui… Roland Bordus, notre concitoyen et ami (*)

Extrait de l’allocution de M. Lionel Causse, Conseiller général du canton de Saint-Martin-de-Seignanx
(…) Je veux te parler Roland… Militant, je crois, tu l’as été dès ton plus jeune âge… Rappelle-toi Roland, Georges LAFFONT, Léon DUCES, Marcel BARROMES, et tant d’autres ! Quand vint le moment du renouveau au tout début des années 70, tu étais présent auprès de Dédé BARROMES, Dany PŒYMIDOU, Gilbert CORRIHONS. Tu les rejoins aujourd’hui… Une fois de plus, ici, notre cœur saigne… Notre souvenir pourtant s’enrichit. Parmi les humbles, tu as toujours voulu rester plus humble encore. Et pourtant, Henri EMMANUELLI, Jean-Pierre DUFAU, tous les élus du Seignanx, ont adressé leurs condoléances à ta famille. À ta place, tu as toujours été des leurs. Le 6 mai, aura sans doute été l’une de tes dernières joies. Je te revois, fatigué, épuisé même, à Capranie, à l’annonce des résultats de la présidentielle : « J’aurais encore connu un président socialiste » as-tu dit d’une voix qui, déjà, commençait à partir.

Le 1er juillet, le jour où tu nous as quittés, j’étais invité avec tous les élus du Seignanx à l’apéritif des fêtes d’Ondres. La nouvelle, bien sûr, s’est propagée comme un nuage sombre. Alors j’ai vu des larmes. Elles n’étaient pas seulement socialistes, elles étaient de partout, elles étaient d’Ondres, ta ville, elles étaient du Seignanx, ton pays.
Adieu Roland, je veux te dire notre reconnaissance. Que ta famille reçoive ici l’expression de nos condoléances.

Extrait de l’allocution de M. Bernard Corrihons, maire d’Ondres
(…) Roland, à l’école de Saint-Martin-deSeignanx, tu le disais bien souvent, ta place était tantôt au fond de la classe, tantôt près du poêle. Ce n’est pas là que se placent en général les premiers de la classe. Ton intelligence Roland fut toujours celle du cœur, ton école celle de la vie. Jamais tu n’as été une personnalité… Tu as été bien plus, un personnage ayant portes ouvertes partout dans le Seignanx. Alors, à l’heure de l’éloge que je prononce au nom de tous, ma plume balance entre tout ce que tu as fait et tout ce que tu as été.
Dans ta vie professionnelle, tu ne fus sans doute pas un homme de responsabilités premières, tu fus toujours un homme de confiance, chez Nivadour à Bayonne, puis à Turboméca. Et après le travail, c’était encore le travail, celui des champs à la ferme de Hillets que tu tenais comme un bijou précieux.
Militant du Parti Socialiste, la chose publique t’intéressa bien vite… Dès 1977, tu aurais pu intégrer le Conseil municipal, mais volontairement tu avais laissé ta place, tu n’avais pas en toi le calcul des ambitieux. Aujourd’hui, tu en étais à ton quatrième mandat… Élu pour t’occuper de la cité, élu parce que tu aimais ta cité, élu enfin pour servir ta cité. Servir la cité, voilà aussi le sens de tes engagements au sein des associations. Je les cite, en ayant peur d’en oublier, l’A.S.O., l’U.S. Larrendart, le C.S.O, la société de chasse, la société Saint Pierre, les anciens combattants… Tout cela sans ordre, il n’y avait pas de hiérarchie dans tes engagements.
Serviable… Généreux… Désintéressé…
Et tellement gentil… Combien d’enfants du centre de loisirs te doivent, émerveillés leur baptême de tracteur. Et parfois facétieux… Lorsque tu racontais comment, un jour que tu collais des affiches, le plus haut possible, c’était le challenge autrefois, quelqu’un se mit à secouer ta triple échelle. Qui? Un anonyme pour toujours… La nuit tous les militants sont gris !
Il était tout cela à la fois Roland, et sans doute plus encore. Au podium de la vie publique et la vie sociale Roland, le vieux chêne de Hillets n’a pas beaucoup grandi, mais il s’est tellement étalé, tellement ramifié que rares sont ceux qui ne lui sont pas redevables.
Et puis tu avais Annie ton ombre silencieuse qui t’aidait dans les champs, qui veillait dans la basse-cour. Annie était ton bras droit, elle était aussi ton guide et ton tuteur. Je t’entends, Roland, appelant Annie rudement à travers champs et Annie arrivait… L’écho de Hillets lui renvoyait « Je t’aime ». « Je t’aime », les mots que tu ne prononçais pas, mais que tu disais toujours avec les yeux…
Roland, tu nous as quitté au petit matin du dimanche de la fête d’Ondres, ce jour où selon la tradition tu aurais dû faire fête en famille. Le samedi, tu aurais tellement voulu participer au repas des anciens… tu y avais tellement d’amis.
Le soir, avec Pierre, au nom de tous, je suis venu t’apporter une part de morue en pimpe. « Je vois qu’on ne m’a pas oublié » as-tu murmuré à Annie. Il y avait aussi Nono, l’employé communal… comme un symbole, la famille communale réunie pour te dire adieu. Quelques heures plus tard, tu partais.
Sois assuré Roland que personne ne t’oubliera de sitôt… alors, au nom de tous pour tous et pour chacun, je veux pour toi rompre la carapace « Nous t’aimions Roland ».
Annie, Corinne, Nathalie, Sébastien, Nicolas, Jean Michel, Jean Marie, toute la famille, soyez fiers de Roland.

* NDLR: il n’est pas possible de citer les très nombreux témoignages d’affection et de sympathie reçus en mairie, émanant de particuliers, des personnels et élus des institutions qui ont côtoyé Roland Bordus au cours de sa carrière. Nous les associons tous unanimement à l’hommage qui lui est rendu ici.

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Lu dans le quotidien Sud Ouest :