Ville d'Ondres

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Ondres d’hier à aujourd’hui… Le carnaval, autrefois, à Ondres

La cavalcade autrefoisSans imiter Nice ou Rio, le carnaval a été fêté longtemps à Ondres par les petits et les plus grands. On voyait régulièrement dans les quartiers le jour du mardi gras des enfants masqués passer dans les maisons avec leur tirelire pour laquelle quelques pièces et quelques bonbons leur étaient accordés. Pour les jeunes gens c’était une importante cavalcade mascarade qui était organisée, qui passait durant deux jours dans tous les quartiers. Ils étaient 20 ou 30 avec costumes, musiciens et le chef, appelé « tambour major », avec la caisse principale pour l’argent collecté, puis les cireurs, cantiniers et cantinières et loin derrière les « carrouadés » avec leurs paniers pour mettre les œufs et la ventrèche. Ce poste a été assuré longtemps par la paire « Mollet-Zézé » qui pouvait boire un peu plus que d’habitude sans casser les œufs. Tous les préparatifs se faisaient « chez Caquette », la location de costumes, la préparation des repas durant deux jours, la salle pour le bal masqué du mardi soir jusque tard dans la nuit.

La tournée démarrait le mardi matin par le côté ouest de la commune et le mercredi côté est. Le tambour major se présentait chez les gens avec sa boite-tirelire. Rares étaient ceux qui ne répondaient pas favorablement à cette sollicitation qui était agrémentée de quelques refrains adaptés à l’évènement avec le petit air d’accordéon. Après la nuit du mardi très courte, on attaquait le mercredi le côté est toujours très bien reçus par tout le monde et en particulier au quartier Sarros, accueillis dans les grandes cuisines avec les merveilles, beignets et bien sûr les bouteilles de vin du cru. C’était la fête pour les anciennes familles dont les pépés et les mémés cherchaient à identifier les membres de la troupe dont certains étaient des descendants de leurs amis ou vieilles connaissances qui étaient tous des Ondrais pure souche.

La tournée terminée en fin d’après-midi c’était le rassemblement sur la place publique pour le jugement de San Pansar accusé de tous les vols et filouteries commis durant toute l’année. Hissé sur une estrade, encadré par deux gendarmes comme le pire des criminels, il écoutait la Cour prononcer les accusations, la plaidoirie et la sentence qui était toujours la mort sur le bûcher. C’était un moment joyeux pour les enfants de voir cet énorme pantin à la mine écarlate disparaître au milieu des flammes, avec comme adieu le refrain :
« Carnaval qu’èra un praube òmi,
Mes qu’èra un fotut gormand…
S’a minjat totas las tripas,
Las saussissas e los tripons. » *

Pour tous les participants de la cavalcade et autres amis, la soirée se terminait à table bien sûr avec toujours œufs et ventrèche, et aussi de la poule ou du poulet qui s’étaient trouvés un peu isolés sur le parcours de cette troupe, dont ce genre de disparition faisait partie des choses normales dans la gestion d’une basse-cour à l’époque du carnaval.
Cette façon de faire le carnaval a cessé  dans les années 60.

Charlot Carty

* Traduction :
Carnaval était un pauvre homme,
Mais il était un fichu gourmand…
Il a mangé tous les boudins,
Les saucisses et les « tripons ».

[Note du traducteur, Miquèu Baris] : il existait de multiples variantes à ce couplet qui se chantaient sur un vieil air gascon, dont la musique a servi de générique, dans les années 60, à l’émission de TV « Bonne nuit les petits ». À Ondres, on remplaçait souvent le mot « tripes » par le mot « gogues » (à écrire « gògas », qui désignait aussi le boudin. La dernière ligne avait aussi une variante. Elle était parfois remplacée par la suivante : « N’a daishat que los rojans » (prononciation : « N’a dachat que lous rouyans »). Les   « rouyans » étaient les sardines qui venaient la plupart du temps de Royan. Celles qui venaient de Bayonne ou de Saint-Jean-de-Luz, on les appelait « las peishòtas » (prononcez « leus peuchotes ») ou « las peishinas » (prononcez « leus peuchines »). En effet, dans le défilé de Carnaval, le personnage de « Sant Pançar » était suivi d’un autre personnage, blême et triste, souvent vêtu d’un habit en queue de poisson, qui annonçait les privations qui suivraient la fête.

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Lu dans le quotidien Sud Ouest :