#Commémoration | Discours de Patrick de Casanove, maire d’Ondres, à l’occasion du 8 mai

À l’occasion de la cérémonie commémorative du 8 mai, marquant le 81ᵉ anniversaire de la Victoire de 1945, Patrick de Casanove, maire d’Ondres, s’est adressé aux participants afin de rendre hommage à celles et ceux qui ont combattu pour la liberté, rappeler le devoir de mémoire et souligner l’importance de transmettre cette mémoire aux générations futures.

Retrouvez ci-dessous le discours prononcé lors de cette cérémonie.

« Mesdames, Messieurs,

En ce jour du souvenir, je salue particulièrement les drapeaux, les anciens combattants, la FNACA, les anciens du 1er RPIMA, les gendarmes de la COB de Tarnos, les pompiers, les enseignants, les parents, les enfants des écoles qui sont l’avenir du pays et les nouveaux porteurs de notre mémoire. Enfants qui ont si magnifiquement récité le très beau poème de Paul Éluard « Liberté » et ont interprété les trois premiers couplets de « La Marseillaise » de manière très émouvante.

Je tiens à remercier également Atlantikwall Explorers avec qui la ville a organisé une exposition sur le Mur de l’Atlantique à Capranie et une promenade historique le long du « Chemin des Allemands » cet après-midi.

Aujourd’hui, 8 mai, nous nous rassemblons pour commémorer la victoire de 1945 et honorer la mémoire de celles et ceux qui, par leur sacrifice, ont libéré la France.

La bataille de Berlin se termine le 2 mai 1945 par la victoire de l’Armée rouge sur les troupes allemandes. Le Troisième Reich est terminé. Nous connaissons ici le sacrifice des soldats américains pour libérer notre pays. Je rappelle aussi en ce 8 mai l’énorme sacrifice enduré par l’Armée rouge et la population soviétique.

Le 7 mai 1945 à Reims, où se trouvait le quartier général des forces alliées en Europe occidentale dirigé par le général américain Eisenhower, est signée la reddition de l’armée allemande. Les combats doivent cesser le 8 mai à 23 h 01.

Les représentants du Haut Commandement allemand signent un nouvel acte de capitulation à Berlin le 8 mai 1945 à 23 h 01 en présence des représentants de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France.

Mais le 8 mai, c’est aussi l’occasion de rappeler que la paix est fragile et qu’il est de notre devoir de la préserver. C’est pourquoi il est essentiel de transmettre cette mémoire aux générations futures, pour qu’elles comprennent les enjeux et les sacrifices liés à la défense de nos valeurs républicaines.

Il me paraît important de préciser cela parce que toute vie humaine est sacrée. Chacun d’entre nous peut être appelé au sacrifice. Il ne peut être que consenti et pour des valeurs qui transcendent notre condition humaine :

  • Le respect d’autrui,
  • L’égale dignité de chaque être humain,
  • La fraternité,
  • La liberté,
  • L’honneur,
  • L’amour de la France.

Le 8 mai est un symbole de résistance, de courage, d’espoir et de résilience.

Aujourd’hui nous nous souvenons des victimes militaires et civiles, des déportés, des résistants, et de toutes les familles brisées par la guerre.

Nous devons nous souvenir que bien des Français sont entrés en Résistance :

  • Les Forces françaises libres du Général de Gaulle,
  • Les FFI, Forces françaises de l’Intérieur,
  • Les FTP-MOI, Francs-Tireurs et partisans – Main-d’Œuvre immigrée avec Missak Manouchian fusillé en 1944 ou Olga Mancic guillotinée en 1944,
  • L’ORA, Organisation de Résistance Armée regroupant d’anciens militaires après l’invasion de la Zone libre.

Des Ondrais sont aussi entrés en Résistance.

Aujourd’hui je parlerai brièvement d’un Ondrais, René Dicharry.

Il est né le 13 novembre 1894 à Ondres, fils de Louis DICHARRY et de Claire MORET.

René Dicharry est le grand-père de René Dicharry dit « Caquette ».

Ajusteur aux Forges de l’Adour puis mécanicien dans son garage annexe de la maison familiale dite « Chez Caquette ». De conviction politique avancée, il fut conseiller municipal de 1929 à 1935. Astreint à résidence forcée dans la commune sous occupation allemande, René DICHARRY assurait un relais d’évasion par camion vers l’Espagne. Dénoncé aux Allemands, il est arrêté à son domicile dans la nuit du 19 au 20 septembre 1942. Il est décédé le 12 mai 1945 au camp d’ORANIENBURG (il avait 51 ans).

La mention « Mort pour la France » lui a été attribuée le 11 juillet 1947 et le titre de DÉPORTÉ RÉSISTANT lui a été reconnu par décision du 14 mai 1954.

Son nom a été donné au terrain de sports par délibération du CM le 9 août 1945 : Stade « René DICHARRY ».

Bon nombre de déportés ou de fusillés en France l’ont été sur dénonciation. Tel un autre Ondrais, Jean Labastie, arrêté à Toulouse puis fusillé avec deux de ses camarades le 6 août 1944 à TOUJOUSE (il avait 32 ans).

Ce climat de délation est de retour aujourd’hui en France. Jamais je n’aurai pensé que cela serait possible dans mon village Ondres. Certains s’achètent à bas prix une bonne conscience et une image de résistant. La tenue de résistant est bien trop grande pour eux.

En ce jour, rendons hommage aux anciens combattants présents parmi nous. Merci pour votre exemple, votre courage et votre persévérance.

Remercions aussi les soldats français qui se battent, et meurent aujourd’hui encore pour la France.

Pensons aussi aux civils qui ont subi les conséquences du conflit et aux générations qui depuis lors ont reconstruit notre pays.

Vive la République, vive la France. »

Patrick de Casanove
Maire d’Ondres